Entre Londres la dynamique et créative, le Pitti Uomo de Florence qui s’affirme de plus en plus comme un incontournable de la mode masculine, Milan qui souffre des défections de grands noms (GUCCI, BOTTEGA VENETA…) qui ont choisi de rassembler les collections masculines et féminines dans un seul défilé durant la Fashion Week femme ou hors calendrier, et Paris qui s’impose comme le leader des shows masculins, EDOUARD PERSONS se devaient de revenir sur cette saison qui vient de s’achever en vous proposant un top 20 des meilleurs défilés et présentations. Marques confirmées, jeune créateurs à suivre, grandes maisons de luxe nous ont offert des shows riches et variés. Cette sélection à la subjectivité assumée est présentée ici par ordre alphabétique.

 

ACNE STUDIOS

Inversement des rôles chez ACNE STUDIOS où le presse et les acheteurs défilent sur le podium, observés et applaudis par les mannequins assis. Le label suédois est un habitué de ces présentations innovantes qui assurent une pause dans le rythme effréné et parfois répétitif du calendrier de la Fashion Week. Le risque pourrait être de masquer une collection moyenne avec une mise en scène novatrice. Il n’en est rien tant les propositions du directeur artistique Jonny Johansson, sont séduisantes avec des proportions généreuses et fluides dans des trenchs longs et des pantalons tailles hautes et une gamme chromatique citadine (beige, ardoise…) réveillée par, selon les mots du créateur, “les couleurs traditionnelles d’une maison d’été suédoise”.

 

A

 

AMI

Alexandre Mattiussi a installé sa plage de sable rose sur les quais de Seine de la Cité de la Mode et du Design pour présenter une collection hommage à la vitalité des différents quartiers parisiens. Le créateur nous dit s’être inspiré du « bleu des tuyaux de Beaubourg, le vert du reflet des arbres dans le Canal Saint-Martin, le rose des joues des skaters de la Place de la République, les larges rayures des colonnes du Palais Royal, le damier des pavés de la rue des Petits Carreaux, les fleurs hawaïennes des transats de Paris Plage, le jaune des fruits d’été des étals de Strasbourg Saint-Denis, le rouge des verres qui trinquent aux amitiés nouvelles ». Ses silhouettes aux accents workwear, sont prêtes à fouler le sable sous les pavés de Paris, nouvelle station balnéaire.

 

A

 

ANDREA POMPILIO

ANDREA POMPILIO joue avec les contrastes, entre workwear, seventies et esprit de vacances. « Je pensais à ce que j’aimerais porter en ville après une journée de travail, mais aussi en vacances. En Italie, nous sommes chanceux: nous avons tous un mois de congé! » nous déclare le créateur. La collection est ainsi conçue, comme un départ en vacances précipité, mixant des pièces formelles et citadines avec des vêtements plus casual et confortables pour une allure nonchalante à destination d’Ibiza, Las Vegas ou vers l’Amérique du Sud.

 

A

 

BALLY

Nouveau chapitre pour BALLY avec une collection qui assume une nouvelle direction plus urbaine et sportswear avec des looks rétro aux influences street (mais de luxe) seventies et eighties: capuches, logos, survêtements… L’oxymore de modernité vintage semble juste pour décrire ces silhouettes adaptées aux nouveaux hipsters qui exigent le style et la qualité.

 

B

 

CÉDRIC CHARLIER

Après avoir présenté la saison dernière sa première collection masculine à Milan, CÉDRIC CHARLIER a choisi Paris pour dévoiler ses nouvelles propositions pour le Printemps-Été 2018. Par une journée au paroxysme de la canicule, la fraicheur de sa collection, inspirée de l’oeuvre de l’artiste New-Yorkais Todd Knokke, à séduit journalistes et acheteurs. Un trench prince-de-galles s’enfile sur un sweat à capuche rose pour un look entre sportswear et tailoring.

 

C

 

DRIES VAN NOTEN

Toujours l’un des défilés les plus attendus et toujours l’un des plus réussis de la Fashion Week parisienne, DRIES VAN NOTEN à une fois encore séduit son public, invité dans les anciens et mythiques bureaux de la rédaction de Libération. Les proportions, enveloppantes sans être excessives, créent immédiatement un désir de confort. On a autant envie de sa palette de couleurs de couleurs naturels (terracota, vert doux, ocre…) que des ses imprimés (signature et force du créateur) cachemires et floraux.

 

D

 

ERMENEGILDO ZEGNA

Pour sa deuxième collection suite à son retour (gagnant) à la tête de la création d’ERMENEGILDO ZEGNA, Alessandro Sartori a présenté des looks fluides et sportswear où les teintes terreuses se marient parfaitement à l’ardoise et à l’anthracite. Loin des codes formels et tailoring de la maison italienne, il insuffle avec succès aux silhouettes une légèreté en faisant respirer les vêtements autant dans les volumes que dans les matières.

 

E

 

FENDI

Avec cette collection Printemps-Éte 2018, FENDI nous a proposé l’un des meilleurs défilés de la Fashion Week milanaise. Les modèles portaient un mélange de vêtements de sport luxueux (veste de jogging en daim ou cuir) et de tenues vintage de chefs d’entreprises (cravates logo, bretelles…). FENDI réussit ainsi avec humour à s’approprier et à twister le sportswear qui s’impose de plus en plus dans la mode.

 

F

 

JOSEPH

Depuis plusieurs saisons et en toute discrétion Mark Thomas nous propose chez JOSEPH des collections masculines audacieuses et ultra désirables. Toujours sous une influence seventies modernisée, sa dernière présentation flirte avec un kitsch assumé et élégamment désuet. La maille paysage se confronte à des carreaux très graphiques alors que les teintes nous transportent dans une toile de David Hockney.

 

J

 

J.W. ANDERSON

Jonathan Anderson, le nouveau prodige, chouchou des journalistes et enfant terrible de la mode s’est, de son propre aveux, assagi avec la dernière collection de sa marque éponyme, présentée cette saison au Pitti Uomo à Florence. En s’éloignant de la confusion des genres, qui était jusqu’alors sa marque de fabrique, il opère un virage plus commercial sans perdre de sa créativité et de son audace.

 

J

 

LANVIN

La saison dernière Lucas Ossendrijver avait livré un des shows les plus réussis de la Fashion Week masculine parisienne. Alors que la mode femme de LANVIN connait des difficultés, il s’imposait avec un nouveau cycle et style le confirmant comme un des meilleurs designers masculins de l’époque. Cette nouvelle collection était donc attendue et n’a pas déçu. Défilant dans une salle à l’arrière de l’AccorHotels Arena, ancien Palais Omnisports de Paris-Bercy, les mannequins portaient des vêtements mixant le tailoring, le workwear et le sportswear.

 

L

 

LOEWE

Suite à la présentation de son propre label où il s’est montré plus assagi, on attendait de voir ce que Jonathan Anderson allait nous proposer chez LOEWE dont il est le directeur artistique depuis 2013. Maitrisant les codes de la maison espagnole, il réussit chaque saison à bousculer la marque mais toujours avec respect des belles matières et audace stylistique. Pour le Printemps-Été 2018 il a choisi le maison de Salvador Dali à Cadaquès pour mettre en scène, sous l’oeil du photographe Jamie Hawkesworth, ses silhouettes qui semblent inspirées de souvenirs de vacances à la plage.

 

L

 

LOUIS VUITTON

Kim Jones, directeur du studio homme chez LOUIS VUITTON, avait frappé fort la saison dernière en présentant sur le podium parisien sa collaboration avec SUPREME. Comme réveillé par ce coup d’éclat, et semblant entrer dans un nouveau cycle de création, il nous livre une collection Printemps-Été 2018 très réussi. Avec toujours le voyage (thème de prédilection du malletier) comme inspiration, il fait défiler des mannequins revenant d’une session de surf et de plongée dans les eaux d’Hawaï et du Pacifique.

 

L

 

MARNI

C’est la deuxième collection masculine de Francesco Rossi, nommé directeur créatif de MARNI suite au départ de sa fondatrice Consuelo Castiglioni. En pleine recherche d’une nouvelle identité, il arrive à insuffler petit à petit sa vision pour la marque. Sa collection qui mixe sportswear et tailoring jouent sur les proportions et les longueurs dans un esprtit vintage et parfois même friperie.

 

M

 

MARTINE ROSE

C’est un des labels à suivre lors de la créative et bouillonnante Fashion Week de Londres. Pour son second défilé, MARTINE ROSE mixe alpinisme, underground, parka de ski et costumes inspirés des zoot suits. Une collection dans l’air du temps qui s’annonce déjà comme un succès chez les fans du designer Demna Gevasalia dont la créatrice anglaise est une proche.

 

M

 

N° 21

Le designer Alessandro Dell’Acqua, pour son label N° 21, a trouvé son inspiration dans la culture du surf et du bord de mer pour une collection délicate qui respire la fraicheur, la jeunesse et l’insouciance.

 

N

 

SALVATORE FERRAGAMO

Pour sa deuxième collection à la tête de l’homme chez SALVATORE FERRAGAMO, le français Guillaume Meilland, ancien bras droit de Lucas Ossendrijver chez LANVIN, propose un réinterprétation de l’esprit Riviera. On pense à Alain Delon et Maurice Ronet dans le film Plein Soleil et à Marcello Mastroianni dans la Dolce Vita de Fellini. Le tout est modernisé par un esprit sportswear.

 

S

 

SUNNEI

Le duo de designers Simone Rizzo et Loris Messina du label SUNNEI, ont mixé avec brio le streetwear et le tailoring qu’ils réinterprètent avec dynamisme et fraîcheur grâce à des larges rayures aux couleurs vives.

 

S

 

VALENTINO

Pour sa deuxième proposition masculine seul à la tête de VALENTINO, depuis le départ de Maria Grazia Chiuri pour DIOR, Pierpaolo Piccioli livre une collection qui s’affranchit d’un style qui pouvait parfois être précieux et maniéré et gagne ainsi en modernité. Le costume (totalement absent du défilé) laisse la place à des parkas et des jogging pour un sportswear eighties qui en fait l’un des défilés les plus réussis de la saison.

 

V

 

WOOD WOOD

La marque danoise créée par Karl-Oska Olsen et Brian Jensen a su s’imposer grâce à de nombreuses collaborations (COMME DES GARÇONS, NIKE, ADIDAS…). Invité à défiler pour la première fois au calendrier officiel milanais par le salon White et la Chambre de la mode italienne, le label s’affirme comme un incontournable du streetwear.

 

W